9 févr. 2014

De ceux



Cette semaine, on m'a remis l'article sur le départ en retraite de mon grand-père, instituteur dans l'Yonne. Ce grand-père dont j'ai longtemps continué à tenir la main ...même quand il n'était plus là, même si j'étais devenue grande.
Un article où il disait l'amour de son métier "qui exige beaucoup de patiente, un large esprit de tolérance et le don de soi".

Je voudrais que ces mots me portent et portent mes enfants et leurs enfants.
C'est mon héritage.

Cet héritage qui me fait me mettre en colère quand j'entends, le matin à la radio, que grâce à la mobilisation de milliers d'internautes le brutaliseur de chat est enfin derrières les verrous avant d'annoncer le nombre d'enfants morts en Syrie sous les bombes (et j'aime les chats inutile de le préciser).
Comme Syriens, Si RIEN, ne s'était passé, on passe à la météo...
Cet héritage qui me fait expliquer à mes fils qu'il faudra toujours, toujours, se mobiliser aux côtés des femmes pour préserver leurs droits. Faire le  ménage de sa chambre, repasser ses chemises (Marius repasse tout son linge et une partie de celui de la famille depuis l'année dernière), aider à ranger c'est pour tout le monde dans cette maison et leur père est le premier à montrer l'exemple. Je serais fière d'avoir des garçons féministes !
Cet héritage qui me fait accepter deux stagiaires au bureau, en plus des piles de dossiers, car je crois vraiment qu'il faut donner et donner aux jeunes en ce moment et que j'aime continuer d'apprendre grâce à eux. 

Cette semaine, j'ai beaucoup entendu dire que j'étais "passionnée", une jolie façon de dire mes colères et mes emportements, mes enthousiasmes et mes angoisses. Quand je me fatigue moi-même, je peux maintenant relire les mots de mon grand-père.  "Dès le début de ma carrière, j'ai aimé passionnément ce métier si captivant et attrayant"... Je crois que c'est la vie et les autres qu'il aimait passionnément ;-)

A la vie, à la mort Pépé et Merci !
Tu es de Ceux  qui trace le chemin ! 


13 commentaires:

  1. Merci Murielle.
    Je voue une tendresse toute particulière aux jolis blogs... je souhaite que la facilité de l’instantané ne les tue pas.

    A mon sens,
    Cette écriture permet le recul nécessaire à la réflexion et à l'élaboration. Cette écriture naît d'un travail sur soi et sur ce qui vous est donné... comme ces quelques lignes posées par votre grand-père.

    Et puis, comme cette heure matinale me le permet, je dépose ici une phrase qui me guide souvent - je l'emprunte à un grand bonhomme - Mr Sartre s'il vous plaît - Il dit à peu près cela: " je suis ce que les autres ont fait de moi, mais qu'ai-je fait de ce que l'on a fait de moi? "

    Voilà pour aujourd'hui.

    Annie

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  2. Je te reconnais bien dans ce billet et c'est tout à ton honneur ! Bonne semaine Murielle !

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  3. Précieuse ascendance! Je partage tes combats, tu le sais, et j'ai pu réaliser ces derniers temps, de façon moins agréable que par cette coupure de journal, combien certaines valeurs m'étaient précieuses. J'en retrouve quelques unes dans les mots de ton grand-père. Tu as de qui tenir!

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  4. FIGHT !!!
    (and never stop).

    Je t'embrasse.

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  5. la tête haute, un poing sur la table et l'autre en l'air.
    Fauve vendredi soir au Bataclan.
    Je n'en suis pas encore remise.
    Bisous poupoule

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  6. Quel texte magnifique que celui de votre grand-père et quel bel exemple de transmission! merci pour votre blog Béatrice

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  7. Tu as raison, oh combien raison
    il est de ces combats à transmettre...
    (et bravo pour le repassage, j'ai commencé à 13 ans, je ne vois pas pourquoi les garçons ne peuvent pas le faire ?!)

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  8. Love... Continue de vivre ainsi passionnément! Indignez vous!, disait un autre grand homme...
    (et puis j'admire l'éducation de tes garçons... mes filles n'en font pas autant!)

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  9. Tu m'as mis les larmes aux yeux avec ta passion, ta fougue. Je suis tellement contente de te connaître. Ne change pas, le monde a besoin de femmes telles que toi.
    Je t'embrasse.

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  10. Une transmission et une attention de tous les instants et encore plus en ce moment...
    Bisou

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  11. Oui, avec passion et justesse ! Allez zou, on lâche rien.

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  12. C'est tellement ça : tu es une passionnée !

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  13. Bravo ! J'ai moi aussi deux fils qui j'espère seront féministes ! Tous les totalitarismes (f)ont toujours fait taire les femmes.... et brûlent les livres. Bérangère

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Merci beaucoup à vous qui passez par là et qui prenez le temps de laisser un commentaire.