30 nov. 2011

La bonté


Hier soir j'ai vu les Neiges du Kilimandjaro et même si c'était Pascal Danel qui chantait, j'entendais la voix de Miossec. C'est un peu ça ce film, la fraternité crue qui crie sa révolte face à une société qu'elle ne comprend pas.
Une histoire d'un homme et d'une femme qui fêtent leur trente ans de mariage, lui syndicaliste "Jaurès dans l'âme", elle,  fière de pouvoir se regarder en face, de n'avoir jamais fait de mal. Pour leur anniversaire de mariage, ils se sont tous côtisés,  enfants, copains, collègues du chantier naval. Faut dire qu'on l'aime ce Jaurès de l'Estaque qui a mis son nom dans le chapeau pour être traité à égalité avec tous ceux qui devaient "quitter le chantier pour le sauver". Pour leur trente ans, Michel (Darroussin) et Marie-Claire (Ariane Ascaride) reçoivent deux billets et du liquide pour aller voir les neiges du Kilimandjaro...
Quelques jours plus tard, alors qu'ils jouent aux cartes avec leurs amis, ces quinquas se font braquer  violemment par deux jeunes dont un qui a été renvoyé du chantier. Un gamin paumé qui élève seul et bien ses deux petits frères et se bat tous les jours contre la misère.
Le choc est là :  des "petits" de la sociét qui auraient pu vivre ensemble mais que l'ordre économique a dressés les uns contre les autres. Les dominés qui s'affrontent entre eux.
Guédiguian et sa troupe signent un film  lucide et lumineux. Un soleil noir. Un film, qui comme je l'ai lu, allie le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté.
Michel se demande en prenant l'apéro, conscient du relatif confort qu'il a acquis en travaillant dur "Comment les jeunes de 20 ans qu'on a été,  trouveraient les quinquas qu'on est devenu?"
La réponse viendra de sa femme. Une réponse belle comme un sourire, comme une main tendue. Comment continuer à mettre la bonté au dessus de tout quand la guerre sociale fait rage ...

9 commentaires:

  1. Beaucoup aimé aussi, pour les mêmes raisons, et surtout celle-ci, la bonté.

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  2. Dans mon imaginaire de bloggeuse vous êtes un clone de l'Ariane Ascaride des débuts … la même allure indubitablement, mais aussi la générosité, l'engagement et … la bonté, Bonne journée

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  3. Argghhhhh! Tu me fais regretter d'avoir céder à la pression des copines qui préféraient voir la source des femmes. Je voulais voir ce film absolument. Maintenant il ne passe plus:-(((
    ( tu sais que tu fais une très bonne critique de film?)
    ( je suis très d'accord avec le commentaire précédent... Il y a en toi un truc de la solaire Ariane Ascaride. En vrai aussi;-)))

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  4. J'aime tellement l'univers de Guédiguian...
    et moi aussi je vous imagine sous les traits d'Ariane Ascaride!
    ...et Mr Wood genre Darroussin; un très beau couple en somme ;-)

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  5. bon ben il me reste a croiser les doigts pour que le film soit selectionne a la semaine francaise cinema du printemps...sinon tu penses, j'ai peu de chance de le voir...
    bises
    Emma from SF

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  6. Très belle critique.
    Bien mieux que celle de France Inter. Si Guédiguian vous lisait...

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  7. Comme les filles au-dessus, je te trouve une ressemblance frappante avec Ariane Ascaride. En revanche, je ne partage pas ton avis sur ce film que j'ai trouvé mal joué et peu crédible sur plein d'aspects. Je dois même avouer qu'il m'a un peu agacée. Pardon Monsieur Guediguian!

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  8. Une parabole : celle de la main tendue quand on s'en est pris une en pleine poire … après tout c'est bientôt Noël et il ferait bon d'y croire… alors gardons l' incrédulité par devers nous pour ces 20 dernières minutes http://leblogducastor.hautetfort.com/archive/2011/11/20/sous-les-neiges-du-kilimandjaro-la-france-coupee.html. Bonne semaine à Ariane de Bourgogne

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Merci beaucoup à vous qui passez par là et qui prenez le temps de laisser un commentaire.