20 avr. 2010

Une heure

Le taxi nous a ramené tôt de Paris avec dans l'agenda les dates où Marius restera à l'hôpital. Deux petites nuits, c'est bien loin des trois semaines de l'année dernière... L'équipe qui le suit a trouvé les mots pour lui faire comprendre que cette opération n'aurait rien à voir avec la précédente. "Même si c'est une opération quand même" se plaît-il à me rappeler...ce garçon qui sait par où prendre le coeur de sa mère ;-)
J'aurais aimé rester au jardin mais j'avais le petit nécessaire de survie d'un homme plâtré à aller chercher...Il fallait se dépêcher avant que les magasins du village d'en-bas ne ferment. Puis se dépêcher pour rentrer, pour le bain, pour le repas...
Sur la route du retour, je me suis arrêtée. 
Je voulais respirer l'odeur du canal, voir les premiers iris d'eau, les poissons faire des bonds... Je m'étais dit 5 minutes... Et puis le temps à passer. Ils pouvaient bien prendre les béquilles de leur père pour des sabres de pirates, manger tout le pain de la maison en hurlant leur faim...Il me fallait ce moment à moi avant de remonter dans l'arène ;-) 
Une heure pour écouter le silence, regarder les pierres au soleil couchant, faire signe à la péniche qui remonte le canal vers Paris, admirer le reflet des arbres...
Une heure pour me sentir à ma place.