8 oct. 2009

La femme orchestre



A l'invitation d'Isabelle...je vous livre mon quotidien de femme orchestre...  


Pour être de bonne humeur pour la répétition générale du matin, la femme orchestre se lève une heure avant tout le monde pour prendre son petit déjeuner sans avoir à parler et sa douche sans avoir à crier...et puis aussi écouter les chroniques qu'elle a podcastées la vieille et lire quelques pages d'un magazine...
Elle prépare la nourriture des hommes de la maison et c'est seulement après qu'elle va les réveiller une heure avant de partir à l'école et au travail. Car les enfants de la femme orchestre n'ont pas hérité de son métronome dans le ventre, ils ont pris du côté paternel : ils ont le gêne espagnol du matin...jamais d'action avant 10 heures... ;-) le matin c'est pas pour eux, se dépêcher... c'est un gros mot.


Mais la femme orchestre est déjà loin, elle vide un lave-vaisselle, elle étend une lessive, elle fait les lits, elle se maquille,  elle vérifie si les enfants débarrassent bien la table (sinon elle sort son trombone à piston...) et elle attrape Pad pour monter l'habiller et rappelle au grand sur un air de Wagner : "qu'il faut vraiment se dépêcher ! et laisse tomber ce livre... non on ne lit pas en montant les escaliers ni en s'habillant !!!"


Dans la voiture qui les conduit à travers les routes de campagne, la femme orchestre et ses enfants chantent, récitent des tables ou écoutent France Musique, la radio préf. de préf. de Marius.


Arrivée dans son cher "open space", la femme orchestre réalise que ça fait déjà 3 heures qu'elle est en scène et que le temps de l'entracte et du café a sonné (le café un litre...).


Une fois par mois (ça tombe bien c'était mardi), la femme orchestre transforme ses enfants en "enfants orchestre" pour partir chez leur papi-maminou afin de souffler une soirée, de voir un film, de manger avec Monsieur... de continuer d'être une mère "suffisamment bonne" jusqu'à la prochaine fois. Sur la photo, Marius incarne à merveille le sens aigu d'anticipation de sa mère. Il porte son cartable (avec son ticket de cantine), son sac de sport (avec une paire de chaussettes propres), son sac de solfège pour le mercredi (avec un crayon HB taillé) et son violoncelle pour répéter ses morceaux sous l'oeil admiratif de ses grand-parents. Ses chaussures ont été cirées la vielle au soir par son père, chef des shoes dans cette maison.


Une fois par moi, la femme orchestre s'avachit donc dans un fauteuil de cinéma à côté de son chéri et se laisse à penser que la musique de sa vie, même si le tempo est trop rapide, même si ça fait des couacs, même s'il faut répéter et répéter encore pour progresser... elle l'aime car justement il est en mouvement permanent.


Et aujourd'hui, la femme orchestre a pris le temps de noter sur son carnet offert par son amie Agathe les bonheurs simples de sa vie : Pad n'a pas pleuré pour aller à l'école depuis trois jours et Marius a réussi à courir 22 minutes d'affiler en endurance et il est super fier. Anticiper, planifier, noter, c'est aussi une façon de s'organiser pour dégager du temps pour autre chose : pour les gros cailloux de ma vie.