13 sept. 2009

Le goût de soi HSE # 2

Pour Poppy et la saison 2 des HSE



Cet été je n'ai pas lu que Var matin ;-)
C'est dans un Télérama du mois d'août que j'ai trouvé
la phrase qui a été mon noyau d'olive tout l'été
Ces mots tournés et retournés dans ma bouche et dans ma tête 

Deux femmes "savantes" (Françoise Héritier, anthropologue et Chantal Thomas, essayiste) discutent du féminisme et concluent sur ces mots : 
" Il faut avoir le goût de soi-même, l'estime de soi et l'indulgence pour soi, les femmes n'ont pas été habituées à cela " 

J'ai fini de tourner mon noyau ce dimanche, une semaine après la rentrée. N'étant pas "une femme savante", mes réflexions ont beaucoup tourné autour des enfants et de l'apprentissage du goût de soi quand on ne l'a pas reçu en bagage.
Il en ressort / que filles ou garçons c'est important de donner à nos enfants le goût d'eux-mêmes / que nous ne sommes pas seuls à contribuer à cela, l'école, la famille, les copains, les activités y contribuent et ouf ! / qu'il est important de "montrer l'exemple" en cultivant ou en cherchant ce goût de soi / que je dois toujours faire attention sous le coup de la colère, de la fatigue, à ne pas lancer de remarque blessante à mes enfants / que cette construction est fragile, longue, aléatoire et appelle de l'attention / que mon regard sur mes enfants même s'il est toujours aimant n'est peut être pas toujours porteur d'indulgence /que cette année pendant les devoirs, pendant les répétitions de musique, je ne dois pas oublier mon noyau d'olive de l'été...

Et vous que vous inspire "le goût de soi" ?

30 commentaires:

  1. La question, c'est comme ça que j'appellerai celle que tu poses. Le gout de soi même doit certainement dépendre du regard de ses parents c'est pour cela que ta reflexion sur tes enfants resonne si fort en moi. J'ai enseigné aux miens (cours a distance), j'ai découvert leurs points faibles, pas facile de les accepter tel qu'ils sont...et puis apres, ou en meme temps, leurs points forts, et la on se dit qu'apres tout la perfection n'existe pas et que le but c'est qu'ils soient heureux alors ça calme et les choses se mettent finalement a leur place.
    Le regard sur soi et je crois beaucoup plus dur et pas du tout indulgent au contraire du regards des autres....Avoir le gout de moi, m'aimer en fait, est une bataille de tous les jours....je n'en sors que tres rarement vainqueur....

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  2. Je l'ai lu aussi, cet été, et j'ai apprécié, mais... Je suis un peu poisson rouge, comme fille, vite oublié, vite rangé. Ce goût de soi pourrait être tout simplement celui de la réflexion, comme tu le fais si bien...

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  3. Ouche ouche ouche, pas facile, je cogite et je repasse...

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  4. ... à brûle-pourpoint, cela m'inspire que j'ai encore du travail à faire, mais que c'est stimulant aussi.
    Merci pour ce partage de lecture et ces pistes de réflexion, que je vais cogiter à mon tour...
    (Dire que je suis abonnée au magazine en question et qu'il doit se perdre dans la nature faute d'adresse correcte... Je pourrais peut-être commencer par là: récupérer Télérama?!)

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  5. Le goût de soi, apprendre à s'aimer ? à se faire confiance ? à être plus fort que les critiques ? à être un peu narcissique de temps en temps ? à trouver en soi la force d'aimer la vie qui nous entoure ? ...
    Plein de questions que je me pose sans cesse.

    Et il y a un petit jeu, bien moins intellectuel, chez moi si ça te tente ...

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  6. ... c'est typiquement féminin toutes ces questions non ? vraiment l'impression que m.la globule et mon ado de garçon ne se les posent pas ! la vie doit leur paraître bien plus légère ! il faut dire aussi que l'extérieur n'est pas tendre avec les filles. toujours envie de protéger ma miss et en même temps parfois l'impression de l'étouffer ! et que dire des petites réflexions de la part d'un prof qui réussit à réduire à zéro une confiance en soi qui commençait à pointer le bout de son nez ... enfin ça c'est encore un autre débat ! ici le mot d'ordre est de ne jamais se coucher fâché, de se coucher le coeur léger ... et ça vaut aussi pour les parents ;-)

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  7. oh la la... quel beau billet
    empreint de sagesse pour
    commencer la semaine !
    commej'aime tes mots et tes réflexions sensées,
    mais qu'il est dur de garder le
    noyau à la bouche
    alors, méditons et...
    mangeons des olives, yeah !

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  8. simplement je vais l'afficher sur mon réfrigérateur ! car il me plaira de la lire souvent!!
    vraiment souvent !
    merci !!!

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  9. Oui...même réflexion et questionnement chez nous...Depuis si longtemps. Tu as raison : donner l'exemple, faire attention à ce que l'on dit (j'ai un peu de boulot à faire), ET faire confiance à son enfant pour aller chercher ça ailleurs aussi, à l'entourage...

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  10. C'est, entre autres choses, pour cela que j'aime venir te voir, te lire, te répondre.... Pour tes réflexions qui chaque fois me parlent.
    J'ai le même noyau d'olive dans la bouche depuis un bon moment.
    Comme toi, j'essaie d'être vigilante vis-à-vis d'Inès mais aussi en ce qui me concerne.
    En effet, lorsqu'on n'a pas reçu l'estime de soi en héritage, c'est très difficile de l'acquérir. Mais c'est possible et surtout vital pour s'épanouir.
    C'est tout sauf égoiste de s'aimer soi même. On n'imagine pas à quel point on ne s'aime pas assez.
    Prends bien soin de toi et merci pour ces échanges riches et rares.
    Bonne journée.

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  11. C'est aussi quelque chose qui me tient à coeur que j'essaye de cultiver autant pour les enfants que pour moi même même si parfois je dérape...La reflexion désagreable, le "c'est bien mais..." Ha ce "mais" mesquin comme je voudrais m'en debarasser. On fait au mieux mais mon homme me fait souvent remarquer que je suis plus exigeante envers les filles...

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  12. Que ta réflexion est belle et sage.
    La confiance en soi je l'ai, à 1000%, peut-être trop parfois. Je la dois à mes parents et je les en remercie pour çà. A mon tour j'essaie de la donner à mes enfants, je pense y arriver (quand je te dis que j'ai confiance en moi !!!), même si parfois, au moment des devoirs par exemple, je ne suis pas exempte de remarques blessantes. Je penserais à ton noyau d'olive dans ces moments là.

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  13. Leur donner des armes.
    Contre ce monde si riche mais si dur.
    Où les plonge-t-on ?
    dans quel marasme et quelle pagaille.
    ils vont avoir du boulot, et ils faut leur donner des armes.
    la plus grande à mon sens est la confiance en soi.
    et tu as raison , il est vrai que les filles sont si bien moins loties que les garçons...
    à nous d'être vigilantes.
    merci beaucoup Murielle de cette réflexion si pertinente, tu es si sage...

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  14. Je pourrais te dire que je l'avais, et que cela me confortais dans mon métier. Je pourrais te dire que je l'ai perdu, pour tout un tas de raisons, parce que les aléas de la vie, les jugements familiaux et de notre société ont joué. mais je te dirais surtout qu'en voyant mes enfants grandir, je la reconquière, que mon mari m'a bien aidé en ce sens, et que nous faisons tout pour que nos enfants soient le plus épanouis possible. C'est un travail sur soi, c'est un travail de chaque jour, mais ce n'est finalement pas si compliqué...
    Le plus dur dans cette histoire, étant de prendre conscience de tout ça...

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  15. Je pourrais te dire que je l'avais, et que cela me confortais dans mon métier. Je pourrais te dire que je l'ai perdu, pour tout un tas de raisons, parce que les aléas de la vie, les jugements familiaux et de notre société ont joué. mais je te dirais surtout qu'en voyant mes enfants grandir, je la reconquière, que mon mari m'a bien aidé en ce sens, et que nous faisons tout pour que nos enfants soient le plus épanouis possible. C'est un travail sur soi, c'est un travail de chaque jour, mais ce n'est finalement pas si compliqué...
    Le plus dur dans cette histoire, étant de prendre conscience de tout ça...

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  16. dur dur de cheminer mais en grandissant, en vieillissant on y arrive un peu... mieux !

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  17. Je l'attendais cette petite phrase que tu m'avais donnée, posée cet été. Je suis contente de la retrouver dans son contexte, pour pouvoir mieux y réfléchir. Je ne sais pas si tu te souviens de ce que je t'ai répondu cet été... A propos de la force que l'on a dans la vie... et qui permet d'assumer ses choix.
    En juin dernier, je sortais de l'eau avec ma petite soeur après un long bain dans l'eau salée et nous parlions de notre enfance, comme nous avions été heureuses et aimées mais en même temps avce peu de bienveillance, élevées un peu durement. Et ma petite soeur m'a dit: "Si nous avions baigné dans trop de bienveillance, nous serions sans doute des moules..."
    Une fois de plus, tout est question d'équilibre... et même si ma soeur et moi manquions de confiance en nous (surtout plus jeunes), nous avons d'autres forces...

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  18. un très beau billet qui inspire à la reflexion, en bref et en vrac : donner l'envie d'aimer, d'apprendre, de découvir, de partager, profiter de chaque instant passé avec ceux qu'on aime (abréger le tps passé avec ceux qu'on n'aime pas ;-))et ...

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  19. Humilité devant nos faiblesses ...
    Mais je suis persuadée que toute vie prend racine dans l' enfance . Que c' est en la préservant un maximum sans verser dans le coocooning béat et stupide que nous ferons des hommes forts et plein de confiance en eux ...
    Aucune remarque vexante voire humiliante ne fait avancer!
    Ah Murielle ..thanks!

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  20. je crois qu'il est important de leur donner ce goût de soi mais qu'il est difficile à transmettre si on ne l'a pas soi-même reçu. ici c'est une lutte pour moi, pour que je puisse leur en transmettre un peu de mon côté. je pense que leur père leur transmet davantage que moi ce côté là.
    mais je suis aussi d'accord avec agathe, le goût de soi, oui mais aussi le goût de l'effor, du pas "tout cuit".
    les épreuves forgent d'autres forces....

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  21. Toutes tes réflexions me vont droit au coeur et à l'esprit. Je crois qu'on essaye toutes d'arriver à ça. Mais il faut beaucoup de rigueur et de travail sur soi et c'est pas toujours facile, parfois on dérape. Mais cela aussi on peut l'expliquer aux enfants (et aux autres) de façon simple et vrai.

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  22. Le goût de moi... j'veux bien! mais tout le monde dit que j'ai un goût de chiottes!

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  23. Me revoila avec la confiture pomme cannelle donc j'ai mis 1kg500 de pommes, et sans doute (j'ai fait au pif...) 5 CàS de cannelle. le resultat est pas mal mais ma maman m'avait pris du gelisuc (moi je suis pas fan) et je pense que avec du vrai sucre c'est largement suffisant avec la pectine des pommes.
    Avec du fromage blanc et des petits suisses c'est top !
    Nous on se regale encore de ta rectte abricot gingmebre

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  24. Je reviens de grand chemin...
    Sincèrement l'estime de soi, je pense que je l'ai, pas toujours à 100% mais je me sens bien dans ma peau, je ne suis pas la plus belle, je ne suis pas la plus intelligente mais je m'en fous à vrai dire, je cotoie les gens que j'aime et qui me le rendent bien et j'ai appris à passer outre les jugements des autres même si parfois ça fait un peu mal. Mais malgré tout il faut pouvoir se remettre en question à certains moments de sa vie et malgré tout ce n'est pas pour ça que j'arrive à le transmettre à mes enfants, à même éducation ou presque certains s'en sortiront haut la main et d'autres peu confiants...je l'ai vu avec mes soeurs, nous abordons toutes la vie d'une manière différente. La seule chose dont je veux que les enfants soient surs c'est que nous serons là derrière eux quoiqu'ils fassent

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  25. Je suis là avec vous, mais en silence et je réfléchis...mais je vais aussi essayer de mettre le bouton sur off aller me coucher.
    Je t'embrasse fort (et on en parlera quand on se verra, des petites vacances se profilent et très volontiers un petit stop par B. si vous êtes disponible à cette date...à très vite!)

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  26. Murielle, tu me sors de ma maison - mon chantier, et tout d'un coup, je sens que je m'élève ! Entre coups de peinture et lessivage du plafond, je vais essayer de penser à cette phrase, si pertinente. Merci pour ce billet !

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  27. Je l'ai gardé un bon moment en bouche ton noyau d'olive, pour bien en sentir tous les contours...
    De retour de la réunion de cp avec la maîtresse d'Isaac, je dirais plus que jamais faire confiance à ses enfants sans se laisser happer par le moule que l'on nous propose et dans lequel notre enfant ne rentre pas forcément, savoir voir en eux leurs forces et pas que le "tu peux mieux faire", le "c'est bien mais...".
    Mais aussi encourager, stimuler, défier aussi parfois pour que justement ils gagnent en estime de soi.
    C'est loin d'être gagné pour moi, sûrement trop de paroles blessantes quand la patience me lâche et que je me laisse rattraper par le "on va être en retard " et le tourbillon de la vie mais un recul qui me permet d'en être consciente et même d'en parler ouvertement avec eux.

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  28. j'rigole du com' de lili ;-)
    oui, long et très certainement en grande partie ancré dans l'enfance, mais pas que ! il peut se retrouver à tout instant , se reconstruire, se guérir,et là je parle de nous ...
    le goût de nous, et aussi, de la charité pour nous même, pour nos erreurs, souvent bien indépendantes de notre volonté profonde.
    et alors, là, alors là, le monde tournerait au rythme de la bonté, et ce serait merveilleux !

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  29. J'ai lu hier soir aux enfants un livre qu'ils avaient choisi à la bibli et qui m'a fait penser à toi et à ce "brainstorming" sur le goût de soi...
    Edouardo le terrible, de John Burningham, Gallimard Jeunesse.
    Edouardo est "un garçon normal". Mais parfois il fait une bêtise, parfois il fait du bruit, jamais il ne range sa chambre. Alors on lui dit qu'il est "le plus méchant", "le plus bruyant", "le plus désordonné"... "le plus terrible de toute la terre". Evidemment, tout va en empirant. Jusqu'au jour où on lui montre que le pot de fleurs qu'il a envoyé valser va pouvoir donner naissance à un petit jardin... et ainsi de suite... De fil en aiguille, Edouardo devient "le garçon le plus adorable de toute la terre"! De l'importance du regard des autres sur l'estime de soi... Je te conseille vraiment ce livre si tu ne le connais pas!

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  30. Je découvre ton blog avec ce sujet, si sérieux.

    Je crois qu'effectivement, on garde les blessures en soi toute sa vie, lorsque notre estime de soi n'a pas été cultivé, enrichi par nos parents. Non pas que l'on ne peut jamais l'acquérir... certains y arrivent, mais les cicatrices demeurent. Je ne crois pas que cela s'oublie.

    En même temps, je vois tant d'enfants autour de moi ayant une estime de soi faussé par le positivisme exacerbé de leurs parents... et lorsqu'ils sont confrontés aux premiers échecs, ils s'effondrent.

    Alors, ou est l'équilibre? sans doute dans un savant dosage à la mesure de chaque enfant... en l'aidant à surmonter les difficultés ou en l'exposant volontairement à d'autres quand il semble n'en rencontrer aucune... Car forcément la vie lui en offrira.

    Nous sommes ainsi faits, nous humains, nous nous révélons à nous mêmes et aux autres dans les difficultés. Et c'est aussi ce qui donne le goût au bonheur.

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