1 juil. 2009

Murmures, Murs et l'Orage enfin !

Pour Lisa, les murmures de mes murs.

Ceux de l'intérieur, blancs pour la plupart avec des touches de Mouse's Back de F&B, un gris qui tire sur le taupe.
Sur ces murs beaucoup de tableaux, de dessins, d'affiches qui me rappellent mes vingt ans et la chance que j'avais de travailler dans une galerie d'art en parallèle de mes études. M & V ont été ma deuxième famille... un nouveau regard sur la vie et le monde. L, leur aînée que j'ai bercée, attend ses résultats du bac...



Ceux de l'extérieur, en bois, changent de couleur. Tantôt rose, tantôt gris. Selon le soleil ou la pluie.


L'attente de la pluie...
Hier soir, "il fallait que ça craque". Trop de manque de sommeil, trop de fièvre pour Marius, et ces satanées taches de sang minuscules, insidieuses qui reviennent sous la peau...Trop d'allers-retours chez le pédiatre, d'appels au CHU de Paris et de prises de sang pour une simple trachéite...de celles qui lui valaient avant un séjour à l'hôpital. 
L'orage a éclaté vers 20 heures. L'orage et mes larmes de colère, de fatigue, d'émotions. Le tourbillon de juin a eu raison de mon cerveau droit...Je n'ai rien relativisé, je n'ai pas pris le temps de poser les choses dans le calme...Ah, il était à son aise mon cerveau gauche, il a pu prendre toute la place ! 
La pluie est tombée très fort. J'ai pris Marius dans mes bras et je lui ai dis  que je comprenais sa peur de retourner vendredi faire cet IRM à Paris (c'est l'examen qu'il déteste). Que la peur pouvait faire bouillir le cerveau jusqu'à 40°,  que c'était tellement dur à avaler que ça pouvait donner mal à la gorge. Que j'avais retrouvé mon cerveau droit ;-) 
Ce matin, le jardin était encore trempé. Les pots de fleurs renversés.
La fièvre était partie. 

Un texte d'André Gide qui raconte aussi ô combien ces gouttes qui tombent sont salutaires...(Les nourritures terrestres). 

"Nathanaël, je te parlerai des attentes. J’ai vu la plaine, pendant l’éte, attendre; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension. La terre se gerçait do sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous allions chaque après-midi nous reposer sous la terrasse, abrités un peu de l’extraordinaire éclat du jour. C’était le temps où les arbres à cônes, chargés de pollen, agitent aisément leurs branches pour répandre au loin leur fécondation. Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait. L’instant était d’une solennité trop oppressante, car tous les oiseaux s'étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on sentit tout défaillir ; le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branche. - Puis il plut.
J’ai vu le ciel frémir de l’attente de l’aube. Une à une les étoiles se fanaient. Les prés étaient inondés de rosée ; l’air n’avait que des caresses glaciales. Il sembla quelque temps que l’indistincte vie voulût s’attarder au sommeil, et ma tête encore lassée s’emplissait de torpeur. Je montai jusqu’a la lisière du bois ; je m’assis ; chaque bête reprit son travail et sa joie dans la certitude que le jour va venir, et le mystère de la vie recommença de s’ébruiter par chaque échancrure des feuilles. - Puis le jour vint.
J’ai vu d’autres aurores encore. - J’ai vu l’attente de la nuit...
Nathanaël, que chaque attente, en toi, ne soit même pas un desir, mais simplement une disposition à l’accueil. Attends tout ce qui vient à toi ; mais ne désire que ce qui vient a toi."
 
PS: Bon anniversaire mon crapaud cambodgien, je t'attends.

22 commentaires:

  1. Je réponds à mes comms vite fait dans l'urgence du départ et... je tombe sur ça! J'en ai la chaire de poule... Encore un livre que j'aurais dû lire depuis longtemps. Merci. C'est pour moi ce genre de trucs, c'est ce que je cherche, ce que j'attends pour m'aider à avancer.
    Il faut se méfier de juin comme de décembre, sous peine d'en voir le bout épuisée, vidée et de se demander "à quoi bon?"... Je pense et penserai à vous plus que jamais dans les prochains jours. Et je n'oublie pas le mail sur la Toscane non plus!

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  2. de jolis murs chez toi et des moments difficles à affronter. beaucoup de courage à toi et ta tribu, j'espère te voir et te soutenir bientôt ;-) peut-être.

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  3. Ouahou... Nous aussi on attend l'orage et la pluie, mais juste pour terminer ce mois de juin au pas de course. J'admire la façon que tu as d'interpréter tes angoisses, à la fois sans te plaindre, et sans les nier non plus...

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  4. C'est dur de ne pas craquer et d'assurer dans de tels moments. Mais l'orage est parti et la fièvre avec.
    Je suis sûre que Marius va retrouver l'apaisement.
    Envoi de pensées positives et bienfaitrices vers vous.
    Quelle chance tu as eu de bosser dans une galerie ; ces tableaux me plaisent tous.
    A bientôt et prends soin de toi.

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  5. C'est vraiment un beau post avec ces belles photos ( tes murs en bois sont magnifiques) et ce magnifique texte. Parfois il faut laisser les émotions prendre le dessus pour enfin être apaisé. Je pense à ton petit homme. Courage...

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  6. Le corps peut en dire long sur les émotions qui nous animent...
    Je penserai très fort à Marius vendredi.
    Tes murs me plaisent beaucoup !

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  7. Oh que ce vendredi passe vite et qu'il soit léger à Marius malgré tout!

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  8. J'espère que tout va rentrer dans l'ordre pour ton Marius, je lui envoie des bisous !
    et merci pour tes murmures !

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  9. Plein de bises, plein de pensées pour vous! C'est pas marrant tout ça, malgré tes jolis murs-murs. Et pour le reste, tu connais le proverbe: "pleure, tu pisseras moins!".

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  10. Mais que c'est joli ces tableaux dehors!
    Je te souhaite bon courage à Marius et toi!

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  11. quand il fait trop chaud,
    l'orage gronde certes,
    mais après la pluie...
    le beau temps !
    et puis,
    marius a inspiré un autre auteur célèbre près de la canebière, alors peuchère...
    je lui souhaite bin du courage
    et à toi aussi bien sûr !

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  12. @ Agathe : ce livre est magnifique. Ruben a comme second prénom Nathanaël...
    @ Mammig : ce ne sera pas pour juillet mais je ne désespère pas de te rencontrer ;-)
    @ Fanny : l'orage a lavé mes angoisses, ça va mieux.
    @ Sophie : merci pour tes pensées positives. La galerie existe encore à Beaune, elle est dans mes liens "Vue sur l'art"... si tu veux jeter un oeil...
    @ Marie : merci. Les murs en bois sont en sapin, ils se grisent avec les années.
    @ Agnès : oui notre corps parlent pour nous, j'essaye de l'écouter le plus souvent...pas tout le temps ;-)
    @ Et-fée-mère : le vendredi soir des amis nous attendent et on a maintenu le programme Expo Calder...et la visite chez Pierre Hermé le chouchou de Marius...
    @ Lisa : merci, je me dis que j'aurais dû dissocier les murs et l'orage mais bon c'est venu comme ça.
    @ Lili : aujourd'hui je n'ai pas pleuré mais j'ai beaucoup transpirer en jardinant en pleine chaleur... ça marche aussi ;-)
    @ Ori : d'aussi beaux tableaux dedans que dehors tu as raison.
    @ Blabla, etc. : oui le beau temps est revenu. Marius a retrouvé son sourire légendaire ! Il avait besoin de craquer lui aussi.

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  13. Je pense fort à toi.
    Et coincidence très fortuite, je viens de poster sur l'orage, bien que rien ne soit tombé chez nous.

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  14. En passant pour te lire , en toute insouciance ..folle que je suis !
    Tes mots sont forts , beaux à lire malgrè la douleur et la fatigue aussi !
    Et ce texte sublime ..de ceux qui font avancer...
    MArius ..je déteste les IRM et moi je suis une grande ..alors je te souhaite plein de courage pour vendredi ..
    Régale toi ensuite chez Hermé !!
    Je vou embrasse fort ..

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  15. je suis heureuse de lire qu'au moins, au moins la fievre est tombée ...
    courage à tous les deux pour ces examens difficiles,
    je vous embrasse bien affectueusement
    capo

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  16. Je suis venue souhaiter une nuit douce et sereine à Marius et sa maman !

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  17. j'aile quand le cerveau gauche prend toute sa place....
    j'espère que tout va bien pour Marius maintenant.
    le texte est magnifique.

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  18. ho je n'avais pas vu ce billet... on est vendredi, j'espere que tout c'est bien passé... (je suis sure que tu connais le Rescue qui essuye bien des orages chez nous !)

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  19. J'espère que l'examen de vendredi s'est bien déroulé et que la pression retombe pour chacun d'entre vous.

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  20. @ Sécotine : merci ma belle. cette électricité dans l'air ... avant l'orage c'est assez incroyable.
    @ Marie : j'ai dit à Marius que je connaissais une grande sur mon blog qui détestait aussi les IRM, ces témoignages le rassure, merci beaucoup ! (et oui on a fait sa fête à Pierre Hermé !)
    @ Capo : merci d'être là, toujours.
    @ Agnès : nuit pas très sereine mais fin de vendredi soulagée ! merci de toute ton attention.
    @Mam : merci.
    @ Silo : un texte à lire et à relire. Ruben s'appelle aussi Nathanaël, tu comprends peut être pourquoi...
    @ Marie : rescue pour la mère et le fils...en quantité ! mais oui ouf tout s'est bien passé et cet été 2009 sera enfin plus léger !
    @ Transparances : oui Marius a été pris en charge par une équipe adorable...et on a pu profiter de Paris tout le week end sans soucis en tête !

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Merci beaucoup à vous qui passez par là et qui prenez le temps de laisser un commentaire.